CONSTATS

L1001370 « Le détenu doit pouvoir bénéficier des mêmes soins de santé que dans la société libre. Les soins sont adaptés à ses besoins spécifiques et à l’environnement pénitentiaire. Des infirmiers, des médecins, des psychiatres, des psychologues, des dentistes et des kinésithérapeutes travaillent dans les prisons. Ils veillent à ce que le détenu se sente en forme, tant physiquement que mentalement. »  Service Public Fédéral Justice
La population carcérale est vulnérable de manière chronique ou temporaire. Caractérisée par une surreprésentation des catégories sociales en situation précaire, son accès aux soins est peu aisé et sa santé est parfois très affectée avant même de passer la porte de la prison. De plus, le choc carcéral et l’épreuve de l’enfermement sont susceptibles d’avoir un impact négatif sur la santé et peuvent aggraver un état de santé déjà fragile.
Cette vulnérabilité exige une médecine adaptée. Pathologies dentaires, maladies mentales, consommations de drogues, transmission d’infections virales, handicap, vieillissement,  … La médecine carcérale est complexe et demande des compétences, des moyens financiers et une organisation des soins à la hauteur de ses besoins.
En Belgique, les soins de santé en milieu carcéral dépendent encore de la Justice ce qui n’est pas sans conséquences (priorité donnée à la sécurité, risque de conflits de double loyauté des professionnels de la santé, isolement des services médicaux, etc.). De plus, le droit à la sécurité sociale est suspendu durant la détention et la remise en ordre de ce droit s’effectue dans les faits plusieurs semaines après la libération, ce qui n’est pas sans conséquence sur la continuité des soins et sur la réinsertion des personnes concernées.
Nous pouvons nous réjouir de la décision de sortir les soins de santé prisons des compétences de la Justice ainsi que de la recherche qui a conduit à proposer une réforme des soins de santé en prison, recherche pilotée par le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE)
En attendant… la situation actuelle ce sont des équipes soignantes en manque d’effectifs et de formation continue, n’ayant pas de mission en matière de promotion de la santé et qui, malgré leur bonne volonté, ne sont pas en capacité de répondre aux besoins de soins verbalisés ou non par les détenus.
Ces manquements sont par ailleurs dénoncés de longue date par plusieurs instances dont le CPT.
Par conséquent, le système de santé en milieu carcéral a besoin, pour évoluer : de remises en question, de recherche, de transversalité, de dialogue, de réseaux, de possibilités de formation des professionnels, de projets favorisant l’empowerment des détenus, de projets pilotes, d’innovation et de continuité des soins.
S’il existe des associations dédiées à la promotion de la santé en milieu carcéral ou au suivi social et psychologique de détenus, jusqu’à présent aucune asbl ne se consacrait à la santé en milieux fermés dans son ensemble, y compris les soins de santé somatiques.
C’est pourquoi, face à cet enjeu de Santé Publique majeur, des médecins exerçant dans différents établissements pénitentiaires et des professionnels issus du secteur associatif ont décidé de réunir leurs compétences pour créer l’asbl I.Care
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